Synopsis
Un obsédé sexuel qui est prêt à subir toutes sortes d’humiliations pour satisfaire ses envies et s’introduire dans la maison de la prostituée itinérante qui séjourne quelques jours dans le village, un vieil homosexuel qui aimerait assister à la veillée funèbre de son amant mais craint les foudres de sa belle-famille, un messie local errant dans la campagne, quelque peu enclin à prêcher et à faire des miracles. Tels sont les trois héros de ce film farfelu et grotesque.
Toto qui vécut deux fois a été montré en sélection officielle à Berlin en 1998 et interdit en Italie avant même sa sortie: “Ce film est une attaque contre le sacré, contre l’homme. Rien ne peut être coupé. Il s’agit d’un non message, inutile et pervers, totalement négatif” a déclaré l’un des censeurs. Ce à quoi les réalisateurs répondent: “Notre film est un film religieux avec un sens du sacré tout autre que le blasphème. Certes, notre messie est de Palerme, il n’a rien de traditionnel.” De nombreux cinéastes, fervents admirateurs de l’œuvre de Ciprì et Maresco, les ont beaucoup soutenu au moment du procès ; Bernardo Bertolucci, Marco Bellocchio, Fernando Solanas, Mario Monicelli, Guiseppe de Santis et Mario Martone par exemple.
LA PRESSE
« Ciprì et Maresco sont deux monstrueuses figures du cinéma italien ancrées dans le terreau sicilien, et totalement méconnues en France. » Jacques Mandelbaum – Le Monde
« Il ne fait pas de doute que le binôme Cipri/Maresco demeure la seule apparition notable dans le désert du cinéma italien des années 90. » Olivier Père – Les Inrockuptibles
« Totò qui vécut deux fois est soigné comme du Sokourov et sale et méchant comme une poubelle. » Édouard Waintrop – Libération
« Contrairement à de nombreux créateurs qui paraissent souvent singuliers à un simple niveau anecdotique, Ciprì et Maresco font réellement office de démiurges bâtissant un univers clos et cohérent à nul autre pareil. Une œuvre à découvrir impérativement. » Raphaël Bassan – Bref
Voilà une œuvre évidemment, et intensément cinématographique : sens fordien du cadre, utilisation magnifique du noir et blanc et de la lumière, idées toujours justes et inattendues de la mise en scène, rigueur et cohérence formelles coexistant avec un sentiment de liberté, d’improvisation au sens musical du terme. Les Cahiers du Cinéma