Le film d’horreur de Pascal Laugier, Martyrs, est sujet à controverse. Susceptible d’être interdit aux moins de 18 ans par la commission de classification des oeuvres cinématographiques en raison de son extrême violence, la ministre de la culture Christine Albanel a décidé de demander un nouveau vote pour la classification du film. C’est la première fois depuis 2001 qu’un film français sans scène à caractère sexuel pourrait être interdit aux moins de 18 ans.
Communiqué du Ministère de la Culture et de la Communication
Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, demande à la Commission de classification des oeuvres cinématographiques de procéder à un nouvel examen du film « Martyrs » . Après avoir pris connaissance de l’avis de la commission de Classification qui recommandait une interdiction aux mineurs de 18 ans pour le film « Martyrs » de Pascal Laugier, la ministre de la Culture et de la Communication a demandé à la commission de délibérer à nouveau sur ce film.
Le réalisateur avait été reçu avant-hier au ministère de la Culture et de la Communication pour présenter ses arguments et notamment la démarche artistique à l’origine de ses choix. C’est à la suite de ce rendez-vous que Christine Albanel a souhaité recourir à l’article 4 du décret du 23 février 1990 qui prévoit qu’avant de statuer sur le visa d’un film, le ministre chargé de la Culture a la faculté de demander à la Commission un nouvel examen du film.
La commission de Classification est composée de 27 membres : 9 représentants des professions du cinéma, 9 experts et personnalités qualifiées dans le domaine de la protection de l’enfance et de l’adolescence, 5 représentants de l’Administration, et 4 jeunes âgés de 18 à 24 ans.
La Commission peut proposer 5 types de restrictions : interdiction aux moins de 12 ans, au moins de 16 ans, au moins de 18 ans, classement X et interdiction totale. Elle est présidée par Sylvie Hubac, Conseiller d’Etat. La Commission visionne plus de 600 long-métrages par an, dont plus de 80 % sont assortis d’un visa « tous publics ». Les interdictions aux mineurs de 18 ans sont en moyenne au nombre de une à deux par an, sur la base des critères énoncés à l’article 3-1 du décret : «scènes de sexe non simulées ou de très grande violence ».
Paris, le 11 juin 2008